La retraite : un âge d’or auquel les Français se préparent avec inquiétude. Sondage Odoxa pour Groupama

29 septembre 2021

Les Français pensent beaucoup à la retraite. Avec l'envie d'y être déjà, mais aussi la peur de ne pas avoir épargné assez pour en profiter réellement. Si l'on ajoute à cela le peu d'information et d'accompagnement dont ils disent disposer pour la préparer, le sujet peut devenir très anxiogène. Générant son lot de découragement ou d'épargne de précaution non raisonnée. Dans ce contexte, les assureurs ont un rôle à jouer, mais les entreprises aussi. Et une attention particulière doit être portée aux femmes qui ont vu leurs carrières interrompues, afin d'amortir les inégalités qu'elles subissent.

C’est indéniable, les Français sont prévoyants : 57% d’entre eux épargnent. Et encore… seuls 20% disent le faire à la hauteur de ce qu’ils souhaiteraient ! Et avant même d’économiser pour réaliser des projets (23%), des travaux (20%) ou acheter un véhicule (16%), ils le font pour préparer leur retraite (24%).

Car les Français pensent beaucoup à cette période plus ou moins lointaine de leur vie : près de la moitié d’entre eux (47%) disent avoir commencé à préparer leur retraite, et davantage d’un point de vue financier (27%) qu’administratif (9%). Pour les plus prévoyants, l’épargne en ce sens se constitue dès 34 ans en moyenne, quand leurs aînés retraités ont commencé en moyenne à 44 ans. L’anticipation est donc nette chez les actifs, qui en outre épargnent plus que la génération précédente : 220 euros par mois, versus 148 euros. Et là aussi, ce n’est pas assez à leurs yeux : ils voudraient y consacrer 313 euros par mois.

Le financement de leur retraite se fait via un trio classique : épargne sur livret (31%), devenir propriétaire de sa résidence principale (30%), placements sûrs de type assurance-vie (25%). Viennent ensuite l’épargne retraite individuelle et professionnelle (16%), l’épargne salariale (14%) et les investissements liés à l’immobilier (9% sur l’investissement locatif, 6% sur l’achat d’une résidence secondaire et 4% sur les placements de type SCPI). Les Français préparent donc leur retraite bien plus qu’ils ne le pensent.

POURQUOI AUTANT D’EPARGNE DE PRECAUTION ?

D’abord parce qu’ils sont persuadés qu’ils partiront à la retraite plus tard que leurs aînés, plus tard que ceux qui partent aujourd’hui et, surtout, plus tard qu’ils ne souhaiteraient partir ! Les non-retraités fixent une échéance probable à 64 ans, soit au moins un an plus tard que l’âge de départ à taux plein actuel.
Ensuite parce qu’ils sont dans un flou total : près de 7 non-retraités sur 10 s’estiment mal informés sur leurs droits (trimestres acquis, âge de départ, montant de la pension…) et même sur les démarches préparatoires à effectuer. 7 sur 10 n’ont pas non plus  » de vision claire de ce que sera le montant de leur pension  » (71%).
Enfin, parce que 6 non-retraités sur 10 n’ont pas confiance dans notre système de retraite.

Mais cette extrême prévoyance s’explique aussi par des raisons positives. 52% des non-retraités attendent la retraite avec impatience, même les trentenaires (41%) et les CSP+ (53%). Les Français anticipent d’y passer une vingtaine d’années. Et près de 9 sur 10 se disent qu’ils seront alors plus libres, plus disponibles aux autres et plus détendus qu’avant.

A noter tout de même ce paradoxe : cette période est vue comme un âge d’or, alors que seul 1 non-retraité sur 10 a une idée précise de ce qu’il fera et que 73% pensent qu’ils subiront une baisse de pouvoir d’achat.
Et logiquement, les seuls à ressentir de l’appréhension sont ceux qui indiquent ne pas avoir pu épargner (52%), les actifs actuellement au chômage (59%) et les femmes (51%).

JF_Garin_Mai2020

Quand les Français s'interrogent sur la préparation de la retraite, ils n'y pensent pas prioritairement en termes de produit d'épargne. Mille autres questions les inquiètent davantage. Et en tant qu'assureur, nous nous devons d'y répondre en leur proposant une prise en charge globale, mêlant pédagogie, expertise et sérénité. Sur un sujet aussi important, notre approche est résolument sociétale, citoyenne.

Jean-François Garin
Directeur général adjoint du Groupe Groupama, en charge des activités Vie

UN POINT D’ATTENTION : LES FEMMES

Notre sondage montre que les femmes sont souvent plus frustrées ou inquiètes que les hommes face à la retraite. Les raisons ne manquent pas : 43% des Françaises connaissent (ou ont connu) une situation de fragilité. Parmi elles, 22% sont (ou ont été) en cessation d’activité, 10% en activité non salariée, 20% en congé parental et 16% sont (ou ont été) mères célibataires.

Elles savent donc qu’elles prendront leur retraite plus tard qu’espéré, et avec une pension plus faible. Car leur capacité d’épargne est moindre : 47% des femmes interrogées voudraient mettre de l’argent de côté mais n’y parviennent pas. Et lorsque c’est le cas, elles n’économisent en moyenne que 178€ par mois contre 220€ pour la moyenne des Français.

JF_Garin_Mai2020

Des efforts ont été faits pour tenter d'équilibrer le niveau de vie femmes/hommes. Malgré tout, la précarité reste du côté des femmes et cette inégalité se ressent à la retraite. Il nous faut essayer d'amortir les situations de rupture qu'elles ont vécues. En apportant une attention particulière aux contrats que nous leur proposons, mais surtout en leur offrant un accompagnement sur mesure. Nous avons conçu un dossier et des outils spécialement pour les femmes, qui aident à s'y retrouver sur ce sujet hautement technique.

Jean-François Garin
Directeur général adjoint du Groupe Groupama, en charge des activités Vie

LES ENTREPRISES DOIVENT S’APPROPRIER LE SUJET

Les entreprises ont également un rôle à jouer en matière d’information sur la retraite : 83% des Français en sont convaincus ! Et si 35% des salariés affirment disposer, au sein de leur société, de produits d’épargne retraite (PER Collectif, PER Obligatoire…), seule la moitié y a recours, car ils ne se les sont pas suffisamment appropriés

Les Français sont persuadés que si une entreprise propose de tels dispositifs, cela a un impact positif pour l’intérêt général (75% le pensent) et pour l’entreprise elle-même, en valorisant sa marque employeur. Cela prouve à ses salariés  » que leur avenir est important pour elle  » (74% le pensent). Et, conséquence de taille, cela permet de fidéliser les salariés actuels (69%) et d’en attirer plus facilement de nouveaux (62%).

Guillaume Meyer_crédit Vladimir Simic

Les entreprises se doivent de combler l'attente de leurs salariés en faisant preuve de pédagogie, en proposant des produits d'épargne et des outils adéquats, et surtout en communiquant plus efficacement lorsqu'ils sont disponibles. Nous constatons qu'elles s'approprient de plus en plus le sujet car, malgré la crise que nous traversons,
elles mettent en place des dispositifs d'épargne et de retraite à un rythme plus soutenu qu'auparavant. Ce qui est encourageant.

Guillaume Meyer
Directeur épargne et retraite d'entreprises de Groupama Gan Vie
« Les Français et la Retraite », baromètre réalisé par l’institut Odoxa pour Groupama, auprès d’un échantillon de 3 016 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 847 retraités, interrogés par Internet du 30 juin au 16 juillet 2021.