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L'EPARGNE SALARIALE : UN OUTIL DE GESTION SOCIALE. INTERVIEW D'ERIC GELPE

Paris, le 24 novembre 2005

L'épargne salariale : un outil de gestion sociale. Interview d'Eric Gelpe

Groupama a reçu au mois de septembre 2005 la Corbeille de l’épargne salariale, un prix décerné par le magazine Mieux Vivre Votre Argent. Groupama est ainsi passé de la quinzième à la première place sur vingt établissements comparés. Le Groupe prouve qu’il est possible d’afficher les meilleures performances tout en présentant l’épargne salariale comme un produit de gestion sociale et non comme un pur produit financier.
Groupama Epargne Salariale a connu un premier semestre très encourageant avec une collecte de 39.6 millions d’euros, en progression de 38% par rapport à 2004.


En abordant l’épargne salariale comme un produit de gestion sociale, Groupama se démarque de la concurrence. Groupama a signé un accord exemplaire avec le syndicat des viticulteurs des Côtes-du Rhône, accord étendu par la suite à tous les viticulteurs AOC du Sud-Est. Il s’agit d’un accord de branche paritaire et régional, qui s’adresse à 22 000 vignerons, adhérents à 17 syndicats, ainsi qu’à une centaine de caves coopératives, sur dix départements. Cette démarche permet notamment aux adhérents du syndicat de disposer d’un outil d’épargne salariale susceptible de fidéliser leurs salariés et d’aider ces derniers à préparer leur retraite.

L’épargne salariale fait son entrée dans les petites et moyennes entreprises. Selon l’association des professionnels de la gestion, le nombre de plans d’épargne entreprise est passé de 10 000 en l’an 2000 à plus de 130 000 à la fin de l’année 2004. Le nombre de bénéficiaires atteindrait le chiffre minimal de 4,6 millions. Cet engouement est dû notamment à la loi sur la confiance et la modernisation de l’économie votée durant l’été 2005 et à la loi Fillon qui ont inscrit l’épargne en entreprise dans l’univers des solutions retraite.

Interview : Eric Gelpe, directeur général de Groupama Epargne Salariale


Eric Gelpe fait le point sur l'épargne salariale.

- Le marché est en plein bouleversement. Quel est le nouveau modèle économique pour les grands acteurs du marché ?
Ecoutez la réponse ? (Real Audio).

"Le premier point est que nous passons d'un marché d'appel d'offres concentré sur de grandes entreprises à un marché de masse donc un marché d'offre. Dorénavant il faut que chaque opérateur puisse s'adresser directement à un grand nombre d'entreprises. D'où les deux dimensions de distribution et de réseau commercial. Le second point vient du fait que le marché s'est constitué autour de la participation obligatoire des sociétés de plus de 50 salariés. Mais depuis la loi Fabius complétée par la loi Fillon d'août 2003 et Breton de juillet 2005 nous avons à faire à une épargne salariale volontaire. Au bout de la chaîne les épargnants versent ou ne versent pas."

- Vous visez les très petites, petites et moyennes entreprises. Pourquoi un tel segment ?
Ecoutez la réponse ? (Real Audio).

"Nous visons les très petites et moyennes entreprises parce que les gisements de croissance se situent là. Les enjeux socio-économiques de l'épargne salariale se situent dans les TPE et PME. C'est un spectre assez large. La TPE se situe en dessous de 10 salariés et la PME va de 10 à 250 salariés mais peut atteindre 500 voir 1000."

- Quelle est votre approche de ce segment ?
Ecoutez la réponse ? (Real Audio).

"C'est un segment très large qu'il faut sous-segmenter sachant que chaque sous-segment a un comportement et des besoins très différents. Dans la TPE, le chef d'entreprise fait tout lui-même, seul. Nous devons avoir une démarche qui s'adresse directement à lui sachant qu'il est lui-même concerné par l'épargne salariale. Ce qui signifie une approche très simplifiée et qui se traduit surtout par un accompagnement très important. En remontant dans la hiérarchie en terme de taille des entreprises, lorsque l'on dépasse le seuil de 50 salariés, nous avons face à nous non plus le chef d'entreprise mais son représentant qui peut être le DRH ou le Secrétaire général quelque soit son nom, qui s'occupe de l'administration de l'entreprise mais aussi des représentants du personnel puisqu'au-delà du seuil de 50 salariés, il y a un certain nombre d'obligations. Le comportement de l'entreprise n'est plus du tout le même que celui de l'entreprise qui n'a pas de représentation ou de structures type RH."

- Peut-on vraiment parler de gestion sociale quand il faut développer son chiffre d'affaires ?
Ecoutez la réponse ? (Real Audio).

"Aujourd'hui on est dans des dispositifs facultatifs et volontaires. Traditionnellement les opérateurs se sont positionnés sur un discours financier. Ils récupéraient cette épargne constituée de façon obligatoire et leur positionnement se calait sur la façon dont ils allaient gérer financièrement cette épargne.
Il faut aujourd'hui davantage investir sur l'amont de la constitution de l'épargne et donc sur tout l'environnement social et sur la problématique sociale de la gestion d'entreprise.
Le fait d'être très présent sur cette problématique sociale, fait que les entreprises vont davantage faire confiance à leur opérateur en l'occurrence Groupama, et vont lui confier la gestion de leur épargne salariale, de leur prévoyance, la santé, la préparation de la retraite."

- Vous envisagez de lancer des tickets d'épargne. Est-ce sur le modèle des " tickets restaurant " ?
Ecoutez la réponse ? (Real Audio).

"C'est un outil permettant au salarié de s'approprier beaucoup mieux l'outil d'épargne salariale. C'est-à-dire de l'utiliser. En facilitant l'utilisation de cet outil par les salariés, on aide l'entreprise à mieux communiquer sur ce dispositif. Une des problématiques de l'épargne salariale comme outil de gestion sociale est qu'une fois que l'outil est mis en place, si les salariés ne l'utilisent pas, l'objectif est perdu. Ils n'en perçoivent plus les bienfaits. Il faut que les salariés s'approprient le dispositif et qu'en même temps l'entreprise puisse communiquer. Une formule type tickets d'épargne permet de faire converger toutes ces problématiques avec un support matériel qui a la forme d'un titre- déjeuner. Ce que nous recherchons, c'est une meilleure appropriation par les salariés, une meilleure communication de la part de l'entreprise. En même temps, ce dispositif de nature administrative permettra d'alléger la charge administrative de l'entreprise".

- Quels sont vos objectifs chiffrés pour 2005 ?
Ecoutez la réponse ? (Real Audio).

"Le nombre d'entreprises clientes s'élevait à 5500 en 2004, nous pensons atteindre le chiffre de 7 000 au 31 décembre 2005."
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